Champion du Sénégal depuis 2001, champion d'Afrique, champion de la Francophonie, champion de France, médaillé d'or aux Jeux africains d'Alger, médaillé de bonze aux championnats du monde de Madrid (2005), champion de France universitaire, Meilleur combattant de l'Open international de Washington en 2009. Et la liste n'est pas exhaustive, car Balla Dièye compte plus de 29 médailles d'or en compétitions nationales, plus d'une dizaine en compétitions internationales. Les seuls titres qui lui restent à conquérir sont ceux de champions du monde et une médaille olympique. C'est à ce titre que le champion d'Afrique de Taekwondo, qui poursuit sa carrière et ses études en France, a été reçu, samedi 20 juin, par le chef de l'Etat. Nous avons rencontré le champion, qui prépare les prochaines joutes internationales.
Qui est Balla Dièye et comment est-il venu au Taekwondo ?
J'ai 28 ans et j'ai débuté au taekwondo en 1989 au dojan de la Gendarmerie du Front de Terre, où servait mon père. Lui-même m'a inspiré, car il pratiquait et le judo et le karaté. Alors, j'ai grandi entre les deux salles, qui faisaient face à celle du taekwondo. Vues mes dispositions et mon aisance des pieds, mon père a estimé que je serai mieux au taekwondo. Sous la direction de mon maître, Dame Seck, j'ai vite progressé pour prendre part au championnat du Sénégal, très jeune. D'ailleurs, c'est à 16 ans que j'ai été convoqué, pour la première fois en équipe nationale, en 1999, à l'occasion des championnats ouest-africains, à Accra (Ghana). Sans expérience, je m'étais classé 4e dans ma catégorie.
Votre baptême de feu dans la compétition, c'est donc en 99 ?
Oui, et depuis cette date aussi, aucun titre de champion du Sénégal, dans les catégories où j'ai tiré, ne m'a échappé. A 23 ans, en 2003 notamment, j'ai décroché mon premier titre de champion d'Afrique à Dakar. Depuis lors aussi, pas une seule joute africaine où je n'ai pas emporté la médaille d'or.
La compétition n'a-t-elle pas eu quelque incidence sur vos études ?
Pas du tout. Notez, par exemple, que quand je passais mon Bac en série S, en 2004. Pourtant, bien que la série scientifique soit des plus difficile, j'avais fait le pari de réussir et à mon Bac et dans la compétition sportive. Je veillais toute la nuit pour apprendre mes leçons. Dieu merci, je m'en suis sorti avec brio.
Qu'avez-vous fait après le Bac ?
La même année, il y avait les championnats du monde en Corée. J'ai obtenu une bourse pour aller étudier en France et c'est là-bas que j'ai préparé lesdits championnats.
Des coopérants coréens séjournaient, en son temps, au Sénégal. Qu'est-ce qu'ils vous ont apporté ?
Les Coréens nous apportaient quelques correctifs dans la manière et le style. Mais c'est surtout que le plan de la formation qu'ils œuvraient. En vérité, nous devons tout à Me Dame Seck, qui, en plus d'être mon entraîneur en club, était également le sélectionneur national.
Revenons à votre séjour en France.
Oui, en 2003, j'ai remporté la Coupe internationale de France, à la surprise générale. J'étais alors sous la direction de l'entraîneur de Cauchon, qui m'a inscrit à cette compétition, en même temps qu'un autre Sénégalais, Thierno Bâ Koté, ancien entraîneur national. Pourtant, je pesais alors 62 kg, mais j'ai tiré dans la catégorie des -68 kg et j'ai remporté la médaille d'or.
